CHAUMONT, TETE D’AFFICHES

Graphisme. Constructivisme russe et beaux livres au menu du

21e festival en Haute-Marne.

Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont

 

(Haute-Marne), jusqu’au 20 juin. Entrée gratuite.

www.chaumont-graphisme.com

Dans la paisible ville de Chaumont, en Haute-Marne, on découvre d’abord le festival de l’affiche dans la rue. Le poster abstrait fluo du Néerlandais Karel Martens et les bandes colorées des Français Helmo servent de signalétique dynamique pour itinérer d’expositions en installations.

 La critique de LIBERATION (Paris) :

« Cette 21e manifestation était très guettée par les professionnels et les Chaumontais. Quelle serait l’orientation du nouveau directeur, Etienne Hervy, ancien rédacteur en chef de la revue de graphisme Etapes ?Le maire-ministre, Luc Chatel, édile encore assez récent à Chaumont, allait-il remettre en cause l’histoire d’un festival fondé sur un travail d’auteur au profit d’un événement plus commercial ? Il a répondu en affirmant «que cette manifestation devait rester forte de son histoire – soit sa collection de 30 000 affiches – pour attirer les meilleurs créateurs du monde, mais en s’ouvrant au plus grand nombre». Ce qui a permis à Etienne Hervy, «sans trahir l’équipe précédente», de se frayer un nouveau chemin, entre conservation du patrimoine et nouvelles pistes pour cet art appliqué.

Abstraction. L’affiche reste centrale, elle se déploie particulièrement aux Silos avec L’EXPOSITION CONSACREE AUX CONSTRUCTIVISTES RUSSES (1920-1940). Avec 110 pièces rares venues de la Bibliothèque nationale de Saint-Pétersbourg, elle nous fait osciller entre jubilation créative et désespoir politique. Espoir quand, dans les années 20, autour de Vladimir Maïakovski ou de Kazimir Malevitch, de jeunes «constructeurs» optimistes se mobilisent pour une nouvelle société ; en direction d’un public illettré mais en jouant de manière révolutionnaire avec l’abstraction géométrique, l’illustration, la publicité, le montage photographique et de forts contrastes entre typographie et aplats de couleurs (…)

Aux Subsistances, L’AFFICHE CONTEMPORAINE reste aussi un étendard avec le concours international, où triomphe le Suisse Ralph Schraivogel et sa composition d’auteur en noir et blanc très plastique, où les lettres de Live semblent s’échapper en 3D.

Côté étudiants, la compétition «Tous à Chaumont» est restée infructueuse, mais les 1 200 affiches qui ont concouru sont toutes exposées sur le thème «Qu’est-ce que le graphisme ?». Un accrochage finalement critique, les clichés y abondent, de l’utilisation de l’image de l’œil à celui du cerveau. Cet ensemble est complété par une première sélection d’affiches françaises. Changement de support à la chapelle des jésuites, avec le film d’animation Logorama, de H5, film oscarisé qui met en scène, tels des personnages, des sigles connus dans un pastiche de thriller. Il est ici entouré d’un cimetière de logos disparus.

Multimédia. A l’espace Bouchardon sont découpés de beaux livres d’art, par Tom Henni, pour mieux faire comprendre leurs grilles de construction. Au Garage, du mur interactif de Ruedi Baur à l’installation du groupe Norm, rebondit la question «Qu’est-ce que le graphisme ?» Etienne Hervy esquisse là sa volonté d’ouvrir le festival à tous les champs de la discipline, dont le numérique et le multimédia. »

Article complet sur :

http://www.liberation.fr/culture/0101640531-chaumont-tete-d-affiches?xtor=EPR-450206

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